le langage

                          Les oreilles

Chaque animal possède son propre langage, ses propres moyens de communication. Les chevaux ne parlent pas mais ils communiquent au moyen de leur ' cinq sens ' tout comme nous. Par exemple, un haussement des sourcils montre une incompréhension. Leur langage nous donne de nombreuses indications très utiles sur leur état. Le cheval s'exprime par les différentes parties de son anatomie : ses yeux, sa voix, son souffle ou encore par la mouvance de son corps. Par exemple, le fait de gratter ou de taper le sol peut traduire une impatience ou un mécontentement.

Mais les oreilles que signifient-elles ? Que représentent-elles chez le cheval ? Ont-elles des fonctions particulières ? Qu'elles soient petites, grandes, mobiles, statiques, les oreilles nous apprennent beaucoup sur le cheval ; mais encore faut-il savoir les observer, les coder et savoir ce qu'elles veulent bien nous dire.

Le cheval est une prodigieuse mécanique qui plus est, est fascinante à regarder. Au même titre que la queue chez le chat, les oreilles reflètent une humeur particulière à un moment donné, comme l'agacement. En fait, elles sont en quelque sorte la traduction ou le vecteur d'un état mental, moral et physique de l'équidé. Elles ne sont donc pas à négliger ! Que vous soyez à cheval, à côté de lui dans un pré ou dans un box, elles véhiculent des émotions, des sensations.

Les oreilles chez le cheval occupent une fonction dite ' d'équilibre '. Tout comme son homonyme humain, le centre de gravité lui permet d'ajuster en permanence son équilibre. Plusieurs expériences l'ont déjà montré. Une petite anecdote révélatrice est celle de ce cheval de concours complet, qui lors du franchissement d'un gué s'est retrouvé l'axe tête/encolure dans l'eau. Les spectateurs pensaient que quelque chose de grave lui était arrivé, toutes les attitudes du cheval le montraient : il avait du mal à se tenir sur ses quatre membres, les yeux hagards, apparemment très choqué. Quand soudainement, il s'est mis à secouer sa tête dans tous les sens et comme si de rien n'était, il est parti brouter une petite touffe d'herbe jouxtant le passage d'eau ! Quelle ironie ! Tous les spectateurs étaient médusés, mais heureux de voir l'équidé en parfait état de santé.

Observons maintenant la disposition et le mouvement des oreilles :

· Oreilles mobiles : faites l'expérience quand vous êtes à cheval ou au sol de les regarder et vous verrez qu'elles bougent dans tous les sens et dans toutes les directions : en avant, en arrière, en haut, à gauche, à droite, etc. ; cela signifie que le cheval est à la recherche d'indications, d'informations sur environnement. Par exemple, parlez-lui doucement et les oreilles se tourneront vers vous. Parfois même, qu'une seule ! Si, il ne le fait pas, c'est qu'il vous ignore et qu'il se moque un peu de vous. En fait, le cheval a une réelle capacité à dissocier ses oreilles : une en avant et une en arrière ou une sur le côté. Cela lui permet d'engranger une quantité d'informations provenant de multiples endroits, sans forcément, comme chez l'être humain, tourner la tête. Il peut donc être attentif à la fois à ce qu'il porte sur son dos, à ce qu'il a devant lui et à ses alentours. Pratique non ! Mais quant elles tournent dans tous les sens, sans jamais s'arrêter, celles-ci peuvent être la traduction d'un mouvement de panique !

· Oreilles en avant : l'équidé est captif et réceptif par rapport à une situation. Ramenez lui des carottes et vous verrez ses deux oreilles se pointer vers vous. Il est alors à la recherche d'informations. Cela peut se voir notamment au niveau de l'abord d'un obstacle. Le cheval dresse ses oreilles comme si il était capable de jauger la difficulté du saut à effectuer. C'est assez impressionnant, en général, ce mouvement est accompagné d'un allongement de l'encolure et de son bout du nez.

· Oreilles tombantes :
esthétiquement cela n'est pas très joli, on dit qu'il est ' mal coiffé ' dans le jargon équestre. Mais la signification peut avoir un caractère beaucoup plus grave. En effet, les oreilles reflètent comme un miroir l'état psychologique de l'équidé. Les oreilles qui tombent peuvent être la traduction, non seulement d'un état moral bas (baisse de régime), voire très bas, mais également elles peuvent être le signe avant coureur de maladies. Mais il ne faut pas dramatiser la situation, parfois, c'est tout simplement parce qu'il somnole paisiblement et son anatomie entre alors dans une phase de relâchement musculaire tout comme ses oreilles.

· Oreilles en arrière :
en général cela n'est pas très bon signe. Quoi qu'il en soit, les oreilles en arrière traduisent une situation d'agacement et d'intimidation. Quand vous pénétrer dans un boxe alors qu'un cheval est en train de manger, il vous regarde d'un drôle d'œil en couchant ses ' bananes en arrière ' d'un air de vous dire : ' N'approche pas ou je te croque '. Si vous insistez, il peut même grincer des dents. Mieux vous méfier, on ne sait jamais, même si votre équidé est bien éduqué, il n'en reste pas moins un animal aux réactions pas toujours prévisibles. Les oreilles dans cette position signifient également une réprobation de la part de cet animal. C'est lorsque que vous donnez par exemple un petit coup de talon : celui-ci mécontent vous le montre en couchant ses oreilles. Parfois, il arrive également lors de moments d'excitations comme la compétition en saut d'obstacles que celui-ci les baissent. Un peu comme les cyclistes, pour aller plus vite, dans un moment extrême de concentration.

Il est bien évident que l'étude des oreilles seule n'est pas suffisante pour déterminer totalement l'humeur et l'état psychologique de votre cheval. L'observation du comportement de votre équidé doit s'accompagner des autres parties de son corps. Si votre compagnon à quatre pattes vous montre sa croupe et les bananes en arrières dans son box, c'est qu'il n'est pas spécialement de très bonne humeur.

Le cheval est un animal coquin, qui parfois se sert de son corps pour intimider les personnes qui s'approchent de lui, notamment par l'abaissement de ses oreilles. Parfois, il suffit de rentrer franchement pour qu'il arrête ses facéties. Mais si, il commence à gratter le sol, à grincer des dents et prend une allure menaçante, mieux vaut ne pas pénétrer dans son espace vital. En situation de liberté, le cheval a deux solutions qui s'offre à lui : soit affronter le péril, soit prendre la fuite. Dans un box, il ne peut pas fuir, si il ne soumet pas à vous, il vous affrontera.

En somme, l'oreille est un véritable baromètre chez le cheval.

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